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RESTO IN : LIVRAISON REPAS PARIS > ESPACE PRESSE > BFM BUSINESS CLUB DE FRANCE
Resto In : Un service de livraison à domicile
 
Michel Picot : C'est la semaine du goût, l'occasion pour nous de nous intéresser à une entreprise qui s'est fixée pour mission de livrer des plats haut de gamme à la maison, ou encore au bureau. Une société créée par de très jeunes entrepreneurs. Clément Benoît, bonjour.

Clément Benoît : Bonjour.

M.P. : Quand je parle de jeunes créateurs d'entreprise, je devrais aussi citer Pilar Granell qui a fondé avec vous l'entreprise Resto In, il y a deux ans. Vous étiez tout jeune à l'époque : Pilar Granell avait 27 ans, vous aviez 24 ans. Qu'est-ce qui vous a titillé à l'époque pour créer une entreprise aussi jeune ? Vous auriez pu prendre un premier boulot de salarié dans une boîte et découvrir le monde de l'entreprise et du travail.

C.B. : Ecoutez, à l'époque on était encore étudiant et on avait envie de créer un projet bien à nous. En l'occurence, on avait cette idée de restauration livrée à domicile, et on s'est lancé tout simplement. On ne s'est pas posé de question.

M.P. : Vous faisiez vos études au niveau de la finance internationale. Pilar était dans l'économie, elle.

C.B. : Exactement. On n'était pas du tout prédisposé à travailler dans le domaine de la restauration, mais on avait une idée de concept, et on l'a poussée jusqu'au bout.

M.P. : Alors ça, c'est intéressant. Cette idée de concept, vous l'avez eue aux Etats-Unis, je crois. Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire ça en France ?

C.B. : Ecoutez, je l'ai vu aux Etats-Unis. J'avais rencontré une société qui s'appelait Dining In, qui proposait des plats livrés de plusieurs restaurants sur leur site internet. J'ai trouvé que l'idée était bonne et que, remasterisée à la française avec une vraie qualité de service à la française, ça pourrait être sympa. Donc je suis rentré à Paris, et j'ai proposé le concept à Pilar qui était encore étudiante à l'époque, et elle m'a dit "ok". On y est allé.

M.P. : Comment vous vous êtes lancés ? Quelles ont été les différentes étapes ? A partir du moment où il y a une idée, comment on la concrétise ?

C.B. : Pendant six mois, on a travaillé le projet, c'est-à-dire étudié les différents concurrents du marché, les différentes cibles potentielles. Après, on s'est lancé, tout simplement en allant convaincre un certain nombre de restaurateurs de travailler avec nous.

M.P. : Alors vous avez une quarantaine de restaurateurs qui travaillent avec vous.

C.B. : Maintenant on en a quarante, mais à l'époque c'était une quinzaine qui n'ont pas été faciles à convaincre. Mais ça n'a pas été si compliqué que ça à partir du moment où on a expliqué clairement aux restaurateurs qu'il y avait un vrai avantage à travailler avec nous et à nous laisser livrer leurs plats.

M.P. : 2006, c'est tout récent pour votre entreprise Resto In. On a reçu ici même le patron de Chaud Devant qui, lui, exploite un concept américain depuis 1994. Je suppose qu'il y a de la place pour tous. La question n'est pas là, mais qu'est-ce qui vous différencie, vous ?

C.B. : On est vraiment différent au niveau de la qualité de prestation. On n'est pas sur le même secteur à partir du moment où eux s'adressent à un public désireux de dépenser moins et ont un panier moyen inférieur. On est sur une qualité de prestation plus haut de gamme, on travaille beaucoup plus avec les entreprises que le concurrent que vous venez de citer.

M.P. : Cela veut dire que vous êtes dans le service haut de gamme, y compris dans l'assiette, j'imagine ?

C.B. : Chaud Devant propose pas mal de restaurants très qualitatifs.

M.P. : Vous avez tablé au-dessus ?

C.B. : On a certains restaurants qui sont au guide Michelin, on propose une autre qualité de prestation. Nos délais de livraison sont beaucoup plus strictement respectés. Par conséquent, c'est vraiment différent.

M.P. : Parmi les grands restaurants, on peut peut-être en citer quelques uns qui travaillent avec vous ?

C.B. : Vous avez par exemple le restaurant Balthazar, qui est un restaurant français très sympathique. On a le restaurant Indra, qui est un restaurant indien au guide Michelin. Vous avez de belles enseignes de la restauration italienne comme LEI...

M.P. : Qui sont situés effectivement dans le haut de gamme. Vous qui êtes toujours à l'affut des bonnes idées, des bonnes opportunités, dans pas longtemps, ce sera la semaine du goût. Ce sera l'occasion de faire parler de vous puisque vous misez sur le goût et sur le haut de gamme.

C.B. : Tout à fait. Pour la semaine du goût, on a décidé avec l'équipe de Resto In d'offrir les frais de livraison le midi pour toutes les commandes passées avant 11h. C'est l'occasion pour ceux qui ne nous connaissent pas encore de tester le service et de découvrir notre concept.

M.P. : Deux ans déjà. On va quand même faire une photographie de l'entreprise Resto In : le chiffre d'affaires, le nombre de salariés, le nombre de repas servis...

C.B. : On fait 3,5 millions d'euros de chiffre d'affaires cette année, et on a à peu près 50 salariés.

M.P. : Tout ça en deux ans... et vous avez aujourd'hui 26 ans, un jeune patron. Aujourd'hui, c'est Paris. Demain, d'autres villes en France ?

C.B. : On compte ouvrir prochainement à Lyon et l'année prochaine, je pense, dans une ville anglosaxone.

M.P. : Quand vous dites "prochainement", vous vous êtes fixés un calendrier, une feuille de route ? Je vous dis ça en raison du contexte économique. En 2009, on ne sait pas trop ce qui va se passer. Donc, vous dites "on va le faire, mais on n'est pas sûr" ?

C.B. : Ecoutez, pour nous ça se passe très bien. Il se trouve qu'ayant une clientèle d'affaires importante, l'actualité économique n'est pas forcément mauvaise pour tout le monde puisqu'étant dans un environnement plus hostile c'est parfois à notre avantage. On travaille énormément avec des banques d'affaires, des cabinets d'avocats ou des cabinets de conseil qui sont dans des transactions plus hostiles que d'habitude. On n'est pas forcément que dans des bureaux ou des salles de marché traditionnelles.

M.P. : Oui, ces gens là sont aux bureau en ce moment et ils doivent diner ou déjeuner assez souvent au bureau. A Paris, vous lancez Resto In by Night. Là, c'est de la livraison à domicile de repas en pleine nuit. Comment est-ce qu'on crée un nouveau style de service comme celui-ci ? C'est une étude également qui est faite ? Parce que ce n'est pas évident, les gens qui vont commander la nuit...

C.B. : Ce n'est pas une étude, c'est surtout suite à une demande. Il se trouve qu'on a eu une forte demande de la part de nos clients, surtout entreprises, qui travaillent la nuit sur les marchés financiers asiatiques ou américains et qui ont besoin de restauration la nuit, et aujourd'hui personne ne propose ce type de restauration.

M.P. : Ca s'adresse essentiellement aux professionnels ?

C.B. : Pas forcément aux professionnels, aussi aux particuliers. Mais il se trouve que c'est essentiellement une clientèle professionnelle qui nous a sollicités et on a souhaité répondre à leur demande.

M.P. : Quand vous parliez effectivement de cette évolution, je crois que c'est en Juin 2006 que Jérôme Caille (l'ancien PDG d'Adecco) a été séduit par votre concept et vous a donné un coup de pouce. C'est ça ?

C.B. : A l'époque, on avait commencé avec Pilar avec très peu de moyens et il se trouve qu'on a eu un article dans le Figaro Magazine en Juin 2006. Jérôme Caille (l'ancien PDG d'Adecco Monde, donc quelqu'un qui gérait pas loin de 300 000 personnes) nous a envoyé un message, tout simplement sur notre site internet en disant : "Je suis intéressé par votre concept. Je ne travaille plus chez Adecco, et j'aimerais vous aider par mes capacités financières et mon expérience. A la base, on a cru que c'était une blague. Mais il est devenu actionnaire minoritaire et nous a aidé énormément tant par ses capacités financières que par son expérience.

M.P. : C'est la bonne rencontre, parce qu'en trois ans, 3,5 millions de chiffre d'affaires...

C.B. : C'est la bonne rencontre parce que ça nous a aidé à mettre le pied à l'étrier, à modéliser le concept et à le rendre vivant.

M.P. : Merci beaucoup d'être venu nous voir pour parler de Resto In.

BFM "Business Club de France", 18 octobre 2008


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