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RESTO IN : LIVRAISON REPAS PARIS > ESPACE PRESSE > HÔTEL RESTAU
Succès Express
 
A 24 ans, Clément Benoît est co-fondateur et co-directeur de Resto In, une société parisienne qui propose des livraisons à domicile haut de gamme en 45 minutes chrono, véritables prestations de "staurant à la maison ".

Alors qu'il était totalement étranger au secteur de la restauration, il a su exploiter une bonne idée et faire d'une niche un bon business en trouvant des appuis de choix. Aujourd'hui, avec son associée Pilar Granell, à peine plus âgée que lui, ils ont le sentiment d'avoir franchi une étape et d'être prêts pour pousser plus loin encore le concept à travers l'Europe.

CLÉMENT BENOIT EN QUELQUES DATES... 26 janvier 1984: naissance à Neuilly 2001-2003: Etude de commerce international à Lausanne en Suisse Mars 2006: création de Resto In avec Pilar Granell Juin 2006: article dans le Figaro et rencontre de Jérôme Caille, ancien PDG d'Adecco 2008: Resto In livre 600 repas par jour et représente un CA prévisionnel de 4 millions d'euros.

Clément Benoît vous reçoit dans les tout nouveaux locaux de Resto In, vers la porte de Champerret, au milieu des cartons d'ordinateurs à peine déballés. Tout ici renvoie l'impression d'une société en plein développement.
L'histoire de Clément et de Pilar, son associée, est celle d'un projet de fin d'étude, transformée en deux ans en concept aussi concret que rentable. "A la base j'avais repéré une société appelée Dining In aux Etats-Unis qui offrait un service similaire à notre concept. C'était toutefois un peu différent car les restaurants effectuaient eux-mêmes la livraison", explique Clément Benoît. " Je me suis immédiatement dit qu'il serait intéressant d'importer l'idée, mais avec des restaurants plus haut de gamme et un service à la française". Le timing est propice: le jeune homme est alors en dernière année de finances internationales à l'Université américaine de Paris. "C'était le moment où jamais. Je me suis dit que cela ne pouvait pas avoir d'incidence sur la carrière de banquier d'affaires à laquelle je me destinais. J'avais l'envie d'entreprendre et c'était une sorte de coup d'essai". Pas mal du tout pour un "coup d'essai".
Avec l'aide précieuse de Pilar Granell, une amie d'école, avec qui il travaille en binôme, il se lance dans l'aventure Resto In en mars 2006. Une aventure minutieusement préparée en amont, avec force business plan et études de marché.
" Nous avons chacun mis une somme modeste, 5 000 euros, et commencé un travail de porte-à-porte intensif auprès des restaurants haut de gamme parisiens pour les convaincre de jouer le jeu". La nouveauté du concept n'effraie pas. Au contraire, elle intéresse. Il faut dire que Clément Benoît sait trouver les mots." Pour le restaurateur il n'y a que des avantages: sa structure est déjà amortie, ce n'est que du chiffre d'affaires supplémentaire sans nécessité d'engager de personnel en plus. Cela lui permet en outre de faire connaître ses plats dans tout Paris autrement que par la publicité". A la base plutôt passionné par la finance et le golf, le jeune homme confesse avoir été " plutôt bien accueilli " par ce milieu pourtant jugé méfiant et assez fermé. " ll faut croire qu'il y a encore des gens qui ont envie de faire du business et de développer leur activité", sourit-il.

En mars 2006, Resto In fait ses premiers pas avec une quinzaine d'établissements partenaires dans son portefeuille. " Le début s'est avéré encourageant mais plutôt calme", se souvient Clément Benoît. " Nous avions entre 5 et 10 commandes par jour". Mais deux évènements, s'enchaînant presque logiquement, vont propulser l'entreprise sur la voie express. En juin 2006, un article dans le Figaro apporte à Resto In une exposition inespérée. "Nous avons beaucoup misé sur la photo pleine page en imaginant une mise en scène qui marque. Partant du principe qu'on n'est pas mentionné dans le Figaro tous les jours, nous avons investi le peu qui nous restait dans la location de deux Smarts décorées aux couleurs de l'enseigne. Nous les avons garées sur l'avenue Foch et des amis ont posé devant en uniformes Resto In confectionnés pour l'occasion. L'un tenait même une cloche de service... " L'impact est immédiat en terme de commande. Mais surtout Cément reçoit un email dès le lendemain de Jérôme Caille, ex-président d'Adecco. "Il nous disait vouloir nous aider par son expérience et ses capacités financières ! J'ai d'abord cru à une blague. Nous venions d'ouvrir, nous avions tout à prouver; et déjà l'ancien Pdg d'une société de 350 000 salariés venait à nous!" En fait de blague, Jérôme Caille devient deux mois après actionnaire de Resto In. Une première levée de fond qui voit la société passer d'une première année à 100 000 euros de chiffre d'affaires à plus d' un 1 million d'euros de valorisation. Tout cela alors qu'à l'époque l'activité est encore très réduite. Le bouche à oreille fonctionne bien et la société met l'accent sur le standing: les établissements partenaires sont contrôlés chaque semaine, la moitié des livraisons s'effectue en quatre roues avec couverts en inox et prestation équivalente à celle d'un restaurant en salle. Le tandem est très complémentaire : Pilar Granell est en pointe sur les ressources humaines quand Clément Benoît se passionne pour la partie finances et le développement. Tout contribue à propulser rapidement à Resto In dans les leaders de la restauration livrée haut de gamme sur Paris. L'entreprise représente aujourd'hui un chiffre d'affaires prévisionnel de 4 millions d'euros en 2008, une cinquantaine de salariés, quarante restaurants partenaires (français, japonais, thaï, libanais, méditerranée, indien, casher...), 600 repas sont livrés par jour et plus de 50 000 repas l'ont été en 2007. L'année prochaine devrait même voir l'ouverture d'une première succursale à Londres. Récemment, Resto In a lancé son service 24/24h au grand bonheur des rédactions en bouclage et des entreprises et cabinets coutumiers des sessions de travail nocturnes. "Nous avons aussi énormément de particuliers. Ils représentent maintenant 50% de la demande ", rappelle Clément Benoît. " Et puis le milieu de la mode et de la communication nous reste très fidèles ".
En clair: dans une capitale comme Paris, la demande en la matière est aussi large que variée, même au cœur de la nuit. Un potentiel que le jeune homme et son associée ont su jusqu'ici parfaitement exploiter. Mais il garde la tête froide. " On a eu de la chance et on s'est bien débrouillé. L'enjeu maintenant est de gérer ce succès un peu fulgurant ", analyse-t-il sobrement.

David JAMARD, Hôtel Resto Hebdo, 26 août 2008


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